L’aide à l’emploi, soutien à la création

La Voix d'Or -ATA Théâtre Rueil Malmaison ©Frédérique Toulet

Au sein du dispositif global d’aide à l’exploitation de spectacles en lieu fixe, l’aide à l’emploi proposée par l’ASTP permet aux théâtres de développer des projets plus ambitieux en termes de nombre d’artistes au plateau et de techniciens. Ce soutien, qui bénéficie d’une dotation de l’ADAMI pour les emplois artistiques, sécurise économiquement les productions et participe ainsi à la liberté de création. 720 000 € ont été consacrés au dispositif en 2024.

Une aide déterminante pour la vitalité de la création

 « Sans l’aide à l’emploi nous n’aurions clairement pas pu créer La voix d’or » assure Thibaud Houdinière, directeur du théâtre La Bruyère à Paris. Ce spectacle musical nécessite sept personnes au plateau et deux techniciens.  « Nous avons une jauge de 338 places : sans cette aide, nous ne pourrions monter que des pièces à moins de quatre comédiens » poursuit-il.

Cet exemple illustre parfaitement la valeur ajoutée de l’aide à l’emploi dans l’écosystème du théâtre privé. Celle-ci est attribuée dans le cadre plus global de l’aide à l’exploitation et est calculée à partir différents critères – jauges, distributions, nombre de représentations. Elle sécurise la production en amont et a ainsi permis à Thibaut Houdinière, en tant que producteur, de monter Lawrence d’Arabie, Cléopâtre ou encore Adieu monsieur Haffmann, autant de pièces nécessitant à la fois des artistes au plateau et des techniciens.

Or, « soutenir l’emploi des artistes-interprètes, c’est défendre la vitalité même du spectacle vivant » rappelle Anne Bouvier, présidente de l’ADAMI, partenaire de l’ASTP sur ce dispositif, et dont l’aide complète les financements des pouvoirs publics et ceux issus des revenus de la taxe sur le spectacle vivant. En réduisant les risques économiques pesant sur les productions, le dispositif permet de favoriser l’embauche d’artistes, notamment dans le cadre de projets plus fragiles ou ambitieux, mais aussi d’élargir les distributions et de maintenir une exigence artistique intacte. »

Ambitieux, c’est le cas notamment de la série Les fabuleuses, créée par Elisabeth Bouchaud, directrice du théâtre de la Reine Blanche, qui a bénéficié de l’aide à l’emploi pour L’affaire Rosalind Franklin. Ses créations nécessitent elles aussi d’employer suffisamment de comédiens car il s’agit, explique-t-elle, « de raconter les histoires de grandes scientifiques invisibilisées, avec plusieurs personnages, donc, des comédiens au plateau, souligne-t-elle. L’aide à l’emploi est assez déterminante, car nous n’avons jamais la garantie que les salles seront pleines. Et pour un théâtre de 160 places comme le nôtre, avoir autant de comédiens au plateau, c’est presque un luxe ! » L’aide est remboursable et a donc « un effet vertueux » poursuit-elle.

En 2024, 159 artistes-interprètes ont ainsi été directement soutenus dans le cadre de 62 spectacles. Pour Anne Bouvier, « ces chiffres témoignent d’une réalité essentielle : ce soutien, complémentaire des autres formes d’aide existantes, permet de renforcer la présence des artistes sur scène, de sécuriser leur emploi et de faire vivre la création théâtrale dans toute sa richesse et sa diversité ». Notons que l’aide a également été allouée à 126 emplois de techniciens.

L'Affaire Rosalind Franklin - La Reine Blanche ©Pascal Gely

L'Affaire Rosalind Franklin - La Reine Blanche ©Pascal Gely

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